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Ndako Ya Biso a fêté Noël et le nouvel an avec les enfants en prison centrale de Kinshasa

24-jan-2017

Les festivités de fin de l’année sont des moments forts de l’année, que l’on passe entre amis ou en famille. On mange, on boit, on danse, on se formule les vœux les meilleurs, pour la nouvelle année.

A Ndako Ya Biso, elles sont souvent célébrées à travers une messe, suivie d’un repas partagé dans un climat de convivialité entre les éducateurs sociaux et les enfants fréquentant le centre. Mais depuis quelques années, l’idée est venue, de passer un temps festif à la même occasion, avec les jeunes incarcérés à la prison centrale de Kinshasa.

Alors, comment fêter Noël et la nouvelle année avec les jeunes de la prison centrale de Kinshasa ? La réponse à cette question nous est venue de Christian Bouchez, qui au cours de l’un de ses voyages à Kinshasa, a été bouleversé lors d’une visite à la prison, d’observer les conditions difficiles et déplorables dans lesquelles vivent des jeunes incarcérés. Pris de pitié, il a tout de suite réagi, en envoyant de l’argent pour aider à nourrir les enfants placés au pavillon 10, ainsi que les mamans et les filles incarcérés au pavillon 9 de la prison. Cette année encore, il a posé un geste généreux, en envoyant une somme importante pour des jeunes incarcérés.

Cette année, nous avons voulu par ce geste, partager ces moments festifs avec les enfants placés au pavillon 10 de la prison, en leur apportant un repas que nous pouvons leur offrir nous-mêmes, afin d’avoir l'esprit tranquille, assurés qu’il n’a pas été détourné par des gardiens pour d’autres fins.

Réaliser une telle activité au sein d‘une institution d’aussi grande envergure exige une autorisation de la part des autorités. Nous avons donc rédigé une lettre auprès du directeur du CPRK, pour solliciter cette autorisation. Celle-ci nous a été accordée pour le samedi 31/12/2016.

Ce faisant, nous avons organisé le repas pour deux cents enfants. Le repas était préparé à Ndako Ya Biso par la maman intendante, secondée par des mamans bénévoles du centre.

Après plusieurs heures de préparation, tous les mets étaient goûteux, délicieux et prêts à être servis aux bénéficiaires. Au menu, il y avait les haricots à la tomate, les poulets grillés et la tshikwangue (manioc). 3 éducateurs de NYB ont été choisis pour réaliser cette activité. Il s’agit de Maman Mamie, Jean Didier Kapaya et Arnold Mushiete. Ensemble, nous avons porté la nourriture à bord d’une camionnette.

A notre arrivée, nous avons signalé notre présence au secrétariat de la prison. Ensuite, nous avons été orientés vers le pavillon 10, accompagnés par un ancien prisonnier qui nous a été confié, pour nous seconder.

Au pavillon 10, nous avons tout de suite constaté qu’il n'y avait presque aucun visiteur qui était là. Cela a augmenté notre zèle et notre motivation.

Mais nous avons compté plus de 280 jeunes dans le pavillon, certains dans un état de santé assez médiocre, d’autres très fatigués et dépaysés. Nous étions dans l’incapacité de les nourrir tous. Nous avons donc choisi de nourrir les plus petits, les malades, ceux qui n’étaient pas visités par les autres membres de leurs familles ou les proches et les plus faibles ou fatigués.

Il fallait que les enfants fassent la queue et qu’ils puissent être servis par groupe de trente. Les premiers à être servis étaient les malades, ensuite, les plus faibles et enfin, les enfants qui n’étaient pas souvent visités par les membres de leurs familles, les amis ou les proches. Et l’ironie du sort a fait que les enfants qui sont pris en charge par Ndako Ya Biso, ou ceux d’autres institutions, soient parmi les derniers à êtres servis. Au total, il y a eu 210 enfants qui ont reçu chacun, un plat de nourriture, qu’ils ont bien mangé. Sur chaque assiette, on y mettait une bonne quantité d’haricots, un quart de morceau de poulet grillé et une tshikwangue. On entendait même certains dires que « ces plats nous rappellent de bons moments passés en famille, où on était libre… ». Ce repas était accompagné par une bouteille de jus, pour rendre le moment plus festif. Malgré ce nombre important, nous sommes rentrés avec regret de ne pas avoir servi tout le monde. Car le nombre d’enfants compté avant cette journée lors des visites préparatives, avait fortement augmenté. Ainsi, il y a eu au moins 70 jeunes qui n’ont pas pu recevoir de repas.

Nous avons en outre profité de l’occasion pour réaliser les démarches de révision des mesures de placement auprès des juges du Tribunal pour enfants. Ainsi, nous avons pu obtenir la libération de 4 enfants appréhendés pour des manquements bénins. Parmi eux, nous pouvons signaler la présence d’un enfant de 16 ans, qui n’a jamais connu son père, et sa maman est remariée à un militaire à Mbanza Ngungu, une ville située dans la province du Congo Central. Nous avons réussi à contacter la famille qui a accepté de l’accueillir. Un frère est déjà prêt pour l’accompagner. Pour les 3 autres, nous travaillons avec eux, pour assurer leur réinsertion sociale.

Arnold Mushiete

N.B. Pour des raisons évidentes, la prison nous a interdit toute photo !

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